Le point de rosée sous pression est la température à laquelle l'eau qui reste dans l'air comprimé se condense, mesurée à la pression du réseau. Un air à +3 °C de point de rosée reste sec tant qu'il ne refroidit pas sous +3 °C. Pour le choisir, on part du point le plus froid que l'air rencontrera, et on prend un point de rosée nettement plus bas.
Ce guide explique la notion et donne les chiffres. Pour les classes de qualité d'air, voir notre guide ISO 8573-1. Pour comparer les technologies de sécheurs, lisez quel sécheur d'air choisir.
Ce que mesure un point de rosée
L'air contient toujours de la vapeur d'eau, mais il ne peut en porter qu'une quantité limitée, qui dépend de sa température. Plus il est froid, moins il en garde. Quand on refroidit un air humide, il arrive un moment où il est saturé : c'est son point de rosée. En dessous, le surplus d'eau se dépose en gouttes.
L'humidité relative, en %, dépend de la température. Le point de rosée, lui, décrit directement la quantité d'eau présente. C'est pour cela qu'on l'utilise pour l'air comprimé.
Combien d'eau l'air peut-il porter ?
Quantité maximale de vapeur d'eau dans 1 m³ d'air saturé. Ce sont des valeurs physiques standard, arrondies :
| Température | Eau dans 1 m³ d'air saturé |
|---|---|
| 35 °C | environ 39,6 g |
| 30 °C | environ 30,4 g |
| 20 °C | environ 17,3 g |
| 10 °C | environ 9,4 g |
| 3 °C | environ 6,0 g |
| 0 °C | environ 4,8 g |
| −20 °C | environ 0,9 g |
Ce tableau explique pourquoi les purges débitent davantage en été : un air aspiré à 30 °C peut porter près de deux fois plus d'eau qu'à 20 °C.
Sous pression ou atmosphérique : ne pas confondre
Comprimer l'air réduit son volume, mais garde la même quantité d'eau. Cette eau est donc concentrée, et elle se condense à une température plus haute. Il faut ainsi préciser à quelle pression on parle :
- Le point de rosée sous pression se mesure à la pression du réseau. C'est la valeur qui compte pour vos tuyaux et vos outils, et celle que donnent les sécheurs et la norme ISO 8573-1.
- Le point de rosée atmosphérique se mesure après détente à la pression ambiante. Il est toujours plus bas, et donc plus flatteur.
Ordre de grandeur, avec l'approximation habituelle des gaz parfaits : un air à +3 °C de point de rosée sous 8 bar a un point de rosée atmosphérique d'environ −23 °C. Si une fiche annonce un point de rosée sans dire lequel, demandez.
Un calcul pas à pas : où part l'eau
Prenons un compresseur qui aspire de l'air à 20 °C et 60 % d'humidité relative, et le comprime à 8 bar relatifs, soit environ 9 bar absolus. On raisonne pour 1 m³ d'air aspiré.
- Eau aspirée : 17,3 g × 60 % ≈ 10,4 g.
- Volume après compression : 1 m³ ÷ 9 ≈ 0,11 m³.
- Eau que ce volume peut garder à 20 °C : 0,11 × 17,3 ≈ 1,9 g. Dès que l'air comprimé revient à 20 °C, dans la cuve ou les tuyaux, environ 10,4 − 1,9 = 8,5 g se condensent.
- Après un sécheur à +3 °C de point de rosée : il reste 0,11 × 6,0 ≈ 0,7 g. Au total, environ 9,7 g d'eau ont été retirés de chaque m³ aspiré.
Appliqué au débit d'un K 110, 1,7 m³/min à 8 bar d'après sa fiche, soit 102 m³ par heure : 102 × 9,7 g ≈ 1 litre d'eau par heure de marche en charge, à évacuer par les purges. C'est un ordre de grandeur, qui augmente nettement par temps chaud et humide. Pour l'évacuation de cette eau, voir l'eau dans l'air comprimé.
La méthode pour choisir son point de rosée
1. Trouvez la température la plus froide du parcours. Une canalisation qui longe un mur extérieur, traverse un auvent ou rejoint un bâtiment non chauffé fixe la règle, pas la température de l'atelier. Retenez la valeur la plus basse de l'année, la nuit comprise.
2. Gardez une marge. Le point de rosée doit rester nettement en dessous de cette température. Un réseau qui ne descend jamais sous 15 °C se contente d'un sécheur frigorifique. Un tuyau qui passe à 2 °C en hiver demande un point de rosée négatif.
3. Vérifiez l'exigence du process. Certains fabricants de machines, de pistolets ou d'automatismes imposent une classe d'eau ISO 8573-1, donc un point de rosée maximal. C'est alors elle qui décide.
4. Déduisez la technologie. Un sécheur frigorifique ne descend pas sous 0 °C, sinon l'eau gèlerait dans son échangeur : il donne quelques degrés au-dessus de zéro. Un point de rosée négatif demande un sécheur à adsorption.
Ce qui dégrade le point de rosée réel
- Un sécheur trop juste pour le débit, ou installé dans un local chaud : il sèche moins bien que sa valeur nominale.
- Un air qui entre chaud dans le sécheur. Le S 110, par exemple, sort un air à 15 °C au maximum au-dessus de la température ambiante, selon sa fiche : un local chaud donne un air chaud, et un local ventilé aide le sécheur.
- Une purge bloquée : l'eau séparée repart dans le réseau.
- Un by-pass resté ouvert après une intervention.
Le contrôle se fait avec un capteur de point de rosée en sortie de sécheur. À défaut, de l'eau dans un filtre placé loin du sécheur est un signe clair.
Ce que proposent les compresseurs AIRSTAHL
- La série K 4-en-1 intègre un sécheur frigorifique et la filtration sur le même châssis que le compresseur et la cuve.
- La série L, pour la découpe laser, intègre un sécheur frigorifique annoncé pour un point de rosée de 3 à 10 °C, avec une filtration de précision.
- Pour les compresseurs seuls de la série S, nous proposons des sécheurs frigorifiques dimensionnés par puissance, et des sécheurs à adsorption pour les réseaux exposés au froid.
Le configurateur dimensionne le compresseur à partir de vos outils. Pour le traitement d'air, décrivez le parcours de votre réseau et vos exigences dans une demande de devis : nos techniciens définissent avec vous le point de rosée et la classe d'air.