Quand des cratères, des bulles ou des gouttes d'eau apparaissent sur une teinte, l'air comprimé est souvent en cause, mais pas toujours. Un test de quelques minutes, pistolet vide, permet de trancher. Si l'air sort humide ou gras, la correction se fait dans l'ordre : purge, sécheur, filtration au poste, puis état du compresseur.
Les défauts qui peuvent venir de l'air
| Défaut | Ce qu'on voit | Cause possible côté air | Autres causes à écarter |
|---|---|---|---|
| Cratères | petits creux ronds où la peinture se retire | aérosols d'huile, gouttelettes d'eau | silicone, produit de lustrage, dégraissage insuffisant |
| Bulles, piqûres | petits points creux ou soulevés dans le film | humidité dans l'air de pulvérisation | couche trop épaisse, diluant inadapté, température |
| Taches, gouttes d'eau | marques claires ou coulures localisées | eau liquide condensée dans le tuyau | |
| Grains, poussières | inclusions dures dans le film | particules, rouille du réseau | filtres de cabine, vêtements, ponçage voisin |
| Teinte irrégulière | aspect ou nuance qui varie d'un élément à l'autre | pression qui chute au pistolet | réglage du pistolet, distance d'application |
Un atelier qui peint et ponce sur le même réseau cumule souvent plusieurs de ces causes. Notre page compresseur pour carrosserie présente l'installation de départ. Ici, on cherche ce qui ne va pas sur une installation qui existe.
Le test, pistolet vide
- Videz et nettoyez le pistolet, ou utilisez une soufflette propre sur la même prise que le pistolet.
- Soufflez une trentaine de secondes sur un miroir propre ou une feuille de papier blanc, à quelques centimètres.
- Observez. Une buée qui persiste ou des gouttelettes : de l'eau. Un film gras ou des taches qui ne s'évaporent pas : de l'huile. Des points sombres : des particules ou de la rouille.
- Refaites le test à la sortie du sécheur, puis à chaque prise jusqu'au poste. Si l'air est propre au compresseur et sale au poste, le problème est dans le réseau.
Si l'air reste propre à tous les points, cherchez du côté du support, du produit ou de la cabine.
D'où vient l'eau ?
L'air aspiré contient de la vapeur d'eau. En refroidissant après la compression, elle se condense dans la cuve et dans les tuyaux, et finit au pistolet si rien ne l'arrête. Les causes les plus fréquentes :
- pas de sécheur, ou un sécheur contourné par la vanne de dérivation ;
- un sécheur qui sèche mal : condenseur encrassé, local trop chaud, sécheur sous-dimensionné pour le compresseur ;
- une cuve jamais purgée ou un purgeur bloqué fermé ;
- une conduite qui passe dans une zone froide après le sécheur, où l'eau se condense à nouveau.
Notre article sur l'eau dans l'air comprimé détaille les points de purge. Un purgeur automatique évite d'en oublier un.
D'où vient l'huile ?
Nos compresseurs sont lubrifiés. Sur un compresseur à vis en bon état, le séparateur air-huile retient l'essentiel de l'huile, et la filtration arrête les aérosols restants. L'huile arrive au pistolet quand une de ces barrières ne fait plus son travail :
- un séparateur air-huile usé, à remplacer selon les heures de la notice. Voir notre article sur le séparateur air-huile ;
- une cartouche de filtre saturée : un filtre colmaté ne filtre plus ;
- un compresseur à piston qui tourne en continu, chauffe et envoie davantage d'huile dans le réseau ;
- un lubrificateur d'outils monté en amont du poste de peinture.
Les corrections, dans l'ordre
- Purger la cuve, le sécheur et chaque filtre. Installer un purgeur automatique là où la purge est manuelle.
- Contrôler le sécheur : en marche, condenseur propre, vanne de dérivation fermée.
- Changer les cartouches des filtres aux intervalles prévus.
- Ajouter des filtres fins au poste de peinture, après le dernier point froid du réseau. Notre article sur les filtres fins explique l'ordre de montage.
- Séparer la ligne peinture de la ligne outils, et retirer tout lubrificateur de la ligne peinture.
- Entretenir le compresseur : premier entretien à 500 heures, puis toutes les 1 500 heures sur nos compresseurs à vis, avec le kit de révision du modèle.
- Remplacer un compresseur à piston saturé par un compresseur à vis si le ponçage et la peinture tournent toute la journée.
Repartir sur une installation saine
- Le K 75 : compresseur à vis 4-en-1, 1,1 m³/min à 8 bar, cuve de 420 L, sécheur frigorifique et filtration intégrés. L'air sort déjà traité.
- Le K 110 : 1,7 m³/min à 8 bar, cuve de 340 L, même traitement d'air, pour un atelier qui peint et ponce en même temps.
- Le S 110 avec un sécheur frigorifique dimensionné pour 11 kW : quand l'atelier a déjà sa cuve et veut garder son réseau.
Dans tous les cas, la classe d'air du poste de peinture se fixe avec nos techniciens selon l'ISO 8573-1, en tenant compte de la peinture utilisée. Si vous voulez un diagnostic complet du réseau, notre audit d'air comprimé vérifie la qualité d'air, la pression et les fuites, du compresseur au poste.
Pour une cabine dédiée, voyez notre page compresseur pour cabine de peinture. Décrivez vos défauts et votre installation dans une demande de devis : nous cherchons la cause avec vous.
Selon votre métier : Compresseur pour carrosserie.