C'est souvent la première question au moment d'acheter un compresseur à piston : 220 volts ou 380 volts ? La réponse ne dépend pas d'une préférence. Elle dépend de deux choses : la puissance dont vous avez besoin, et l'électricité disponible dans votre atelier. Un mauvais choix se paie cher : un compresseur qui fait sauter le disjoncteur à chaque démarrage, ou une machine impossible à brancher.
220 V et 380 V : de quoi parle-t-on ?
En France, on parle encore de « 220 V » et de « 380 V » par habitude. Les valeurs officielles sont aujourd'hui 230 V et 400 V, mais il s'agit des mêmes installations.
- 220 V (230 V) monophasé : c'est le courant des prises classiques, celui de la maison et de la plupart des petits locaux. Il arrive par deux fils (phase et neutre), plus la terre.
- 380 V (400 V) triphasé : c'est le courant de l'industrie et des ateliers équipés. Il arrive par trois phases (plus le neutre et la terre) et alimente les moteurs plus puissants avec moins de courant sur chaque fil.
Une machine prévue pour le triphasé ne peut pas être branchée sur une prise monophasée, et l'inverse non plus. Le choix se fait donc à l'achat.
La règle simple : la puissance décide
| Puissance du moteur | Alimentation habituelle | Pour quel usage |
|---|---|---|
| Jusqu'à environ 2,2 kW (3 ch) | 230 V monophasé, sur une prise ou une ligne dédiée | Bricolage avancé, petit atelier, gonflage, soufflette |
| De 3 à 4 kW | Selon le modèle : monophasé possible sur une ligne dédiée bien dimensionnée, triphasé recommandé | Garage, artisan avec plusieurs outils |
| À partir de 4 kW | 400 V triphasé dans la très grande majorité des cas | Garage équipé, carrosserie, atelier de production |
Au-delà de quelques kilowatts, un moteur monophasé tire un courant très élevé, surtout au démarrage. Le triphasé répartit ce courant sur trois fils : le moteur démarre plus franchement, chauffe moins et dure plus longtemps. C'est pourquoi les compresseurs professionnels de 4 kW et plus sont presque toujours en triphasé.
Les avantages et les limites de chaque solution
Le 220 V monophasé
- Avantages : se branche presque partout, pas de travaux électriques pour les petites puissances, pratique pour un atelier qui déménage ou un chantier.
- Limites : puissance plafonnée, fort appel de courant au démarrage, disjoncteur qui saute si la ligne est trop faible ou partagée avec d'autres machines, rallonges à éviter.
Le 380 V triphasé
- Avantages : puissances élevées, démarrages moins brutaux pour l'installation, moteur moins sollicité, meilleure tenue en usage intensif.
- Limites : il faut une arrivée triphasée dans le local. Si vous ne l'avez pas, il faut la demander au gestionnaire du réseau et faire intervenir un électricien, ce qui a un coût et un délai.
Comment savoir si votre atelier a le triphasé ?
- Regardez le tableau électrique : un disjoncteur général à 4 pôles (trois phases plus le neutre) indique une arrivée triphasée.
- Cherchez des prises industrielles : les prises triphasées sont plus grosses, souvent rouges (prises P17 de type industriel), avec 4 ou 5 broches.
- Lisez votre contrat d'électricité ou le compteur : le type de raccordement (monophasé ou triphasé) y est indiqué.
- En cas de doute, demandez à un électricien : il vérifie aussi la puissance disponible, qui compte autant que le type de courant.
Ce qu'il faut prévoir pour bien brancher son compresseur
- Une ligne dédiée depuis le tableau, sans autre gros consommateur dessus.
- Une section de câble adaptée à la puissance et à la longueur. Un câble trop fin chauffe et fait chuter la tension au démarrage.
- Une protection adaptée aux moteurs : disjoncteur dimensionné pour l'appel de courant au démarrage, et protection différentielle.
- Pas de rallonge enroulée, ni de multiprise : c'est la première cause de démarrages difficiles et de moteurs qui chauffent.
- Le sens de rotation, en triphasé : à la mise en service, on vérifie que le moteur tourne dans le bon sens (une flèche l'indique sur la machine). S'il tourne à l'envers, l'électricien inverse deux phases.
Le branchement d'un compresseur professionnel doit être fait ou vérifié par un électricien qualifié, conformément aux règles en vigueur.
Et si je n'ai que du 220 V mais besoin de puissance ?
Trois solutions existent :
- Faire passer le local en triphasé : c'est la solution durable si l'atelier va grandir.
- Choisir le plus puissant des compresseurs monophasés et une cuve plus grande : la cuve sert de réserve et absorbe les pointes de consommation, le compresseur démarre moins souvent.
- Passer par un convertisseur ou un variateur monophasé vers triphasé : possible dans certains cas, mais à étudier avec un électricien, car tous les moteurs et toutes les puissances ne s'y prêtent pas.
Pour estimer la puissance et la cuve dont vous avez vraiment besoin, utilisez le configurateur et le calculateur de taille de cuve. Pour le coût d'utilisation, le calculateur de coût électrique donne un ordre de grandeur selon vos heures de fonctionnement.
Piston ou vis : l'autre question
Si votre atelier utilise l'air plusieurs heures par jour, la question n'est peut-être pas seulement 220 ou 380 V, mais piston ou vis. Les compresseurs à vis, prévus pour tourner en continu, sont en triphasé. Notre article Compresseur à piston ou à vis : quelle différence ? vous aide à trancher.
Et les compresseurs AIRSTAHL ?
La tension d'alimentation de chaque compresseur à piston AIRSTAHL est indiquée sur sa fiche technique. Avant de commander, vérifiez qu'elle correspond à votre installation. En cas de doute, envoyez-nous une photo de votre tableau électrique ou de vos prises avec votre demande de devis : nous vous indiquons le modèle qui convient.